Kassongo et Bouhi victorieux à Porrentruy

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30.09.2013 07:29 Uhr

Bertrand Duboux

30.09.2013 - Après deux ans et demi d’interruption pour cause de blessures à répétition (rupture du tendon d’Achille aux deux chevilles), Cédric Kassongo (26 ans) a repris victorieusement le cours de sa carrière au Tennis couvert d’Ajoie, à Porrentruy, et a enthousiasmé les quelque 1'600 spectateurs de la Nuit des sports de combat. Un retour sur le ring réussi et très remarqué face au Portugais Rui Briceno (26 ans), qui s’est révélé un adversaire coriace et de grande qualité, à la frappe redoutable malgré peu de références en boxe anglaise (il pratique surtout la boxe pieds-poings).

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Il a d’ailleurs fallu que l’espoir du Club pugilistique de Carouge (5 succès, 2 nuls, 1 défaite) serre les dents jusqu’au bout pour s’imposer aux points 58-57 sur le bulletin du juge-arbitre unique Fabian Guggenheim après six reprises d’une grande intensité. Une victoire magnifiquement acquise par le talentueux Kassongo, même si elle l’a été de justesse (1 point) au terme assurément de l’un des plus beaux combats disputés en Suisse ces dix dernières années !

Sérieusement bousculé dès la première reprise, le super-léger genevois (63,5 kg) a fait pencher la balance en sa faveur dans le dernier round grâce à un forcing spectaculaire qui témoigne de l’excellent travail de préparation physique effectué depuis plusieurs semaines avec son nouvel entraîneur, Giorgio Costantino. Jusqu’alors l’affrontement avait été équilibré et très serré. Appelé en dernière minute après le forfait des deux Français annoncés, Mickael Lacombe puis Bibi OndouaRui Briceno s’est révélé d’entrée comme un redoutable frappeur. Ses terribles crochets des deux mains et son style agressif ont surpris Kassongo qui a dû faire appel à ses qualités d’esquiveur pour éviter le pire.

Dès le 2ème round, le combat tournait à un duel de puncheurs. Averti du danger, Kassongo n’avait pas droit à la moindre erreur de défense. Il durcissait alors ses frappes et ses qualités techniques, sa boxe instinctive et variée lui permettaient à son tour de toucher le Portugais par un uppercut du droit et une attaque en gauche-droite qui le remettaient à égalité.

Très entreprenant, Briceno maintenait par ses crochets et uppercuts une pression terrible sur Kassongo qui déclenchait à son tour de belles attaques, avant de rompre et de faire admirer ses esquives au public enthousiasmé. Un combat plein de suspense. Au fil des minutes, le Genevois, très concentré, prenait toutefois un léger ascendant sur le farouche Portugais qui ne lâchait rien et avançait constamment. Mais au 5ème round, celui-ci était contré et se faisait ensuite secouer durement par des directs du gauche très appuyés.

Un match épique où les deux rivaux évoluaient sur le fil du rasoir. Jusqu’au coup de gong final l’incertitude règnera avant que Kassongo soit désigné vainqueur d’un très bel affrontement après avoir livré le meilleur match de sa jeune carrière. Un très dur combat de rentrée et une décision méritée, même si la défaite est amère pour le Portugais qui a fait passer des moments de doute dans le camp genevois.

Ce nouveau succès plein de promesses d’avenir permet à Cédric Kassongo, qui restait sur sa seule défaite (aux points, face au Bernois Ciano en décembre 2010), de retrouver confiance en ses moyens et de se relancer superbement devant un public jurassien comblé.

Idem pour le mi-lourd Bruno Bouhi (2 succès, 2 défaites), vainqueur aux points du solide Fadil Bazalik (58-55). Un succès acquis dans la douleur pour l’autre sociétaire du CPC, durement secoué au premier round par la force de frappe du néo-professionnel bosniaque. Après avoir récupéré durant la pause, Bouhi (28 ans) s’est toutefois bien repris et a pu refaire progressivement son retard malgré la belle résistance de Bazalik. Celui-ci a décliné physiquement à partir de la mi-combat et Bouhi, plus actif, a pris petit à petit l’ascendant. Il a mieux lâché ses coups, notamment ses directs du droit, mais sans pouvoir conclure un affrontement qui a tourné nettement à son avantage sur la fin. A la cinquième reprise, Bazalik a même été compté « huit » sur un coup au flanc.

Après un début de carrière raté aux Etats Unis en 2011 (deux défaites), Bruno Bouhi a stoppé l’hémorragie et ajouté un deuxième succès à celui de février dernier à Carouge (ko 1er face au Hongrois Molnar).

Porrentruy, Tennis couvert d’Ajoie :

Professionnels.- Mi-lourds (6x3) : Bruno Bouhi (CP Carouge) bat Fadil Bazalik (Bosnie) aux points (58-55). – Super-légers (6x3) : Cédric Kassongo (CP Carouge) bat Rui Briceno (Portugal) aux points (58-57).