Retrouvailles des Italo-Suisses des années 1970 à Lausanne

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16.04.2017 18:27 Uhr

Dans la joie et la bonne humeur

Bertrand Duboux, 13.04.2017

C’est une belle idée qu’a eue l’ancien boxeur professionnel Maurizio Bittarelli (67 ans) de tenter de réunir pour un repas de retrouvailles ceux qui furent avec lui les acteurs de la boxe lausannoise dans les années 1970 au sein du Club lausannois de boxe (CLB). Pari réussi après de nombreuses démarches et moult coups de téléphone pour retrouver ses compagnons d’entraînement et de ring, amateurs et professionnels, en particulier les Torsello, Ungaro, Contini et Del Guacchio, lequel viendra spécialement de Rome pour l’occasion. Tous ont répondu favorablement à l’invitation de celui qui fut le chef de file de cette colonie italo-suisse de belle qualité et de belle réputation que l’on voyait régulièrement à l’œuvre au Pavillon des sports de Beaulieu mais aussi à Ecublens, Chavannes/Renens, Vevey, Genève, Fribourg, Zurich, Bâle, Lugano, La Chaux-de-Fonds, Neuchâtel ou Sierre.

Ils seront seize, accompagnés de leurs épouses, à se retrouver dimanche 7 mai au restaurant The Gate Ristorante Bar (le cuisinier est italien !), 52 rue de la Pontaise, à Lausanne, pour fêter dans la joie et la bonne humeur ce moment de grande émotion près de quarante ans après leur retrait de la compétition. Parmi eux également le Chaux-de-Fonnier d’origine sicilienne Rosario Mucaria, élégant poids plume quadruple champion de Suisse amateur (1970-71-72-73) et professionnel entre 1977 et 1979 (7 succès, 1 défaite), mais aussi François Fiol, deux fois champion d’Espagne des mi-lourds et qui disputa deux champonnats d’Europe contre le Serbe Mate Parlov et l’Italien Traversaro. Sans oublier les « authentiques » Vaudois du CLB Michel Gilliéron (champion de Suisse amateur 1976 et 1981), Michel Giroud (trois titres amateurs 1978-79-80) qui totalisa 40 combats professionnels entre 1980 et 1986 (32 succès, 8 défaites), dont un championnat d’Europe perdu en 1984 en Calabre face à Patrizio Oliva, futur champion du monde, ainsi que Pierre Panchaud et Jean-Claude Gueissaz.

Cette initiative sympathique de Bittarelli témoigne de l’attachement que tous ces sportifs portent à la boxe qu’ils ont pratiquée à un haut niveau et dans le meilleur esprit de camaraderie. Comment ne pas saluer cette démarche émouvante de celui qui est arrivé avec ses parents en 1963 à Lausanne, à l’âge de 13 ans, en provenance de Castiglion del Lago, près de Perugia (Ombrie). Jeune déraciné, confronté à la dure réalité de l’immigration, il fut d’abord livreur de pizzas à vélo, ce qui aurait pu en faire un très bon coureur cycliste mais il choisit de s’inscrire au CLB alors entraîné par Alessandro Zanini qui faisait plusieurs fois par semaine le déplacement de Genève !

S’appuyant sur de magnifiques qualités techniques, Bittarelli fit une très belle carrière. D’abord chez les amateurs où il fut finaliste du championnat d’Italie1970 après avoir été battu à deux reprses en finale du championnat de Suisse : en 1969 par le cogneur Walter Blaser, puis en 1970, mais plus par les juges alémaniques que par le policier bernois Rindlisbacher… Il disputa 80 matches avant de passer professionnel en 1972. A son palmarès, 21 combats (13 succès, 4 nuls, 4 défaites). Il fit match nul avec les Français Pascal Zito et Guy Vercoutter (1ère série) et battit le Bernois Max Hebeisen avant de s’incliner à Paris devant Louis Acariès, futur champion de France et d’Europe, qui affichait cinq kilos de plus que lui ! Il se retira en 1977 à 27 ans après un dernier match nul avec l’Italien Venturi.

Outre Bittarelli, ils furent plusieurs Italo-Suisses à avoir marqué ces années 1970 où la boxe en Suisse (notamment avec les Chervet, Blaser, Nussbaum) faisait l’actualité comme le football, le hockey sur glace et le ski. Entre 1973 et 1986, Antonio Torsello a rencontré tous les meilleurs Européens de l’époque : les Français Georges Warusfel, Alain Ruocco et Alain Marion, l’Autrichien Pachler, le Turc Kamachi, l’Espagnol Perico Fernandez et les Italiens Minchillo, multiple champion d’Europe et challenger mondial, Pira et à deux reprises Gianfranco Rosi, futur champion d’Europe et champion du monde, contre lequel il échoua en 1982 pour le titre italien des welters. Engagé le plus souvent comme mercenaire, il disputa au total 52 combats (26 succès, 26 défaites) jusqu’à l’âge de 37 ans.

Le super-welter Vicenzo Ungaro fut plus heureux. Après un début très encourageant (12 succès d’affilée), il marqua un peu le pas à mesure que l’opposition se renforçait. Il n’en réussit pas moins une très belle carrière et fut sacré champion d’Italie professionnel face à Luigi Marini en 1982, sa dernière saison. Auparavant il avait rencontré les frères Warusfel, Gilbert Cohen, Pascal Zito, le Britannique Maurice Hope, Luigi Minchillo et Perico Fernandez, tous deux champions d’Europe, ainsi que le redoutable Nino La Rocca. Au total, 33 combats disputés entre 1975 et 1982 (23 victoires, 10 défaites). Quant au poids léger Gerardo Del Guacchio, il fut professionnel entre 1974 et 1978 (6 succès, 3 nuls, 8 défaites).

Gageons que c’est dans une ambiance de fête et d’amitié qu’auront lieu ces retrouvailles entre les membres de cette joyeuse colonie italo-suisse qui a écrit quelques unes des belles pages du CLB. Les années ont passé mais les souvenirs sont toujours vivaces et avec le recul du temps ils n’en prennent que plus de saveur.