Main cassée et défaite pour Benoît Huber !

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09.12.2018 15:57 Uhr

A l’impossible nul n’est tenu et Benoît Huber en a fait la douloureuse expérience devant son public de Martigny. Handicapé depuis la fin du 2ème round par une fracture à la main droite, le frappeur du BC d’Octodure a dû s’incliner devant le solide Italien Matteo Rondena (28 ans), classé en 2ème série (ko technique 5ème). Son erreur aura été de ne pas avoir mis un genou à terre alors qu’il était en grande difficulté, ce qui a poussé l’arbitre, Beat Hausamann, à arrêter le match (il n’y a pas de compte debout chez les professionnels).

 

Immédiatement après le combat, Benoît Huber s’est rendu dans la nuit à l’hôpital de Martigny pour y passer une radiographie. Celle-ci a révélé une fracture nette du troisième métacarpe de la main droite (le majeur) qui a été plâtréeprovisoirement. Il était prévu qu’il subisse le surlendemainmatin, à Sierre, une opération par un chirurgien spécialisé afin de réduire cette fracture qui pèse désormais sur la suite de sa carrière !

 

« Benoît m’a dit à la fin du 2ème round qu’il s’était « pété » la main droite, déplorait son entraîneur Philippe Abate. Je lui ai proposé d’arrêter mais il n’a pas voulu. C’est une tête, vous savez… Résultat ? On a pris des risques, mais c’était encore trop tôt face à un deuxième série. Et pour mettre un genou à terre, fallait pas y compter ! Il n’est pas préparé pour ça…

 

Selon le délégué de Swiss Boxing, Pierre-Alain Schneeberger, une autre solution pouvait être envisagée : «Il aurait fallu faire constater la blessure par le médecin et faire arrêter le combat après la quatrième repriseproposait-il. On aurait alors fait le décompte des points (39-37, 38-38, 38-38) et cela aurait au moins permis à Benoît d’obtenir le match nul. »

 

Au lieu de cela, Benoît Huber a subi son premier revers après cinq succès consécutifs depuis son passage chez les professionnels en avril dernier. Mais surtout une défaite amère avec des conséquences encore inconnues pour son avenir sur le ring. Car c’est son outil de travail qui a été touché et fragilisé et il est surtout à espérer que l’impact moral et psychologique de cette blessure n’ait pas de séquellesfâcheuses pour lui.

 

Tout avait pourtant bien commencé pour le Valaisan qui s’efforçait de tenir le redoutable Rondena à distance par ses jabs du gauche et ses frappes du droit. Dès le 2ème round, il avait commencé à appuyer ses coups mais l’Italien (1m88/91,100 kg) se révélait très dangereux par ses lourds crochets des deux mains et ses directs. Et les esquives de Huber ne suffisait pas à le mettre totalement à l’abri. Mais celui-ci donnait tout de même l’impression de pouvoir prendre l’ascendant par ses frappes répétées avant que ne survienne cette blessure regrettable qui a tout changé.

 

Malgré la douleur et le handicap, Benoît Huber aura tenu le choc durant près de trois rounds avec une main cassée ! Un véritable exploit face à un adversaire de qualité, venu de la catégorie des poids lourds, et doté d’une grosse puissance de frappe. Dès le 3ème round, l’affrontement devenait acharné et furieux. Rondena réussissait deux crochets du droit et Huber, avec sa main droite blessée, avait de plus en plus de mal à contenir les assauts de son adversaire. Il parvenait encore plusieurs fois à toucher très durement et le Lombard, marqué au visage, se révélait alors un encaisseur hors pair. Tous deux étaient de plus en plus éprouvés par l’intensité des échangesmais, au fil des minutes, Rondena parvenait tout de même à imposer l’épreuve de force à laquelle Huber avait désormais de la peine à répondre. Dès la fin du 4ème round, le lourd-léger valaisan encaissait alors des coups lourds et était de plus en plus débordé jusqu’à ce que l’arbitre ne mette son veto

 

Une décision logique mais un dénouement pas facile à accepter pour Benoît Huber qui se voulait pourtant réaliste face à l’adversité :

 

Une défaite, c’est pas si grave en soi, reconnaisait-il. Mais avec plus de conséquences que prévu. J’ai bien senti une douleur au 2ème round. L’articulation du métacarpe a reculé dun centièmètre au moins ! J’ai aussi connu un petit coup de fatigue à mi-match car j’ai un rythme de un combat par mois depuis avril. Et maintenant que va-t-il se passer si j’ai mal en combattant ? Moi je fais de la boxe, mais je veux pouvoir encore utiliser ma main droite à quaranteans…

 

Une allusion à peine voilée à la poursuite de sa carrière ? On a senti que Benoît allait y réfléchir sérieusement et qu’en attendant son rétablissement complet il importait de mettre un point d’interrogation sur la suite des événements le concernant.

 

Deux autres combats professionnels étaient à l’affiche. En lourds-légers, le jeune Kosovar du BC Villars-sur-Glâne Shqipjon Hoti (21 ans) a signé son troisième succès face au Serbe Milos Jankovic. Mais dans la douleur (2 juges à 1), tout comme Arber ibishi (BC Nyon)  devant le tonique et remuant Italien d’origine pakistanaise Shoab Zaman (2 juges à 1). Un combat très plaisant qui a permis d’apprécier la progression physique du champion de Suisse 2017, pourtant sérieusement contesté sur le ring de la salle du Bourg. Il est dommage que le néo-professionnel nyonnais  (25 ans), qui a signé son quatrième succès d’affilée, ait trop cherché à placer le coup décisif au détriment de ses qualités techniques. Résultats :

 

Lourds-légers, 6x3 : Shqipjon Hoti (BC Villars-sur-Glâne, 90,000 kg) bat Milos Jankovic (Serbie, 86,600) aux points (55-58, 57-56, 57-56).

 

Super-plume, 6x3 : Arber Ibishi (BC Nyon, 58,200 kg) bat Shoab Zaman (Ita/58,600) aux points (58-56, 57-56, 57-57).

 

Lourds-légers, 6x3 : Matteo Rondena (Ita/91,100 kg) bat Benoît Huber (BC d’Octodure) KO technique 5ème

 

Bertrand Debout, 09.12.2018