Patrick Kinigamazi impressionnant et intraitable !

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16.12.2018 15:47 Uhr

Bertrand Duboux, 15.12.2018

Sous les tentutres du chapiteau du Cirque de Noël, à Genève, la boxe a vécu une soirée de gala inoubliable. Un décor inhabituel, des combats de qualité et de grande intensité, tous les professionnels romands victorieux : il n’en fallait pas plus pour combler et enthousiasmer les quelque 800 spectateurs qui ont fait un nouveau triomphe à Patrick Kinigamazi, vainqueur haut la main du coriace Britannique Jordan Mc Corry (17 victoires, 1 nul, 3 défaites) pour la troisième défense de son titre mondial WBF des super-plume.

Photo: : Stéphane Chollet

Un exploit de plus à l’actif du Genevois d’origine rwandaise (35 ans) qui n’a jamais été aussi fort alors qu’approche l’heure de la retraite. Une véritable démonstration de maîtrise technique, de condition physique et d’expérience face à un adversaire solide qui ne s’attendait sans doute pas à un tel traitement de choc et qui a terminé avec le visage meurtri et une profonde coupure à l’arcade sourcilière droite.

Dès le 2ème des douze rounds, Kinigamazi, concentré et déterminé comme jamais, a pris l’initiative. Il a durci son action, touché le premier, multiplié les frappes en directs et crochets des deux mains. Jusqu’au bout il a eu l’initiative et le contrôle du match, obligeant le champion d’Ecosse à reculer et à s’accrocher. A plusieurs reprises, Mc Corry (27 ans) a choisi le corps-à-corps, imposant son style de bagarreur, tête en avant, et balançant des coups à la godille.

Victime d’une coupure à l’arcade gauche au 4ème round, Kinigamazi a connu une alerte qui aurait pu peser sur le déroulement du match. Mais la blessure, parfaitement maîtrisée par son entraîneur Giorgio Costantino, n’a pas eu de conséquences et le champion WBF a poursuivi sa domination. Son métier du ring lui a permis de se préserver des contres dangereux et des assauts furieux du Britannique qui a pourri le combat à plusieurs reprises et qui aurait dû pour le moins recevoir un avertissement de la part de l’arbitre Fabian Guggenheim pour sa boxe irrégulière et des punches désespérés sous la ceinture.

Le détenteur du titre n’est toutefois pas tombé dans le panneau. Jamais il ne s’est désuni, plaçant des coups précis et puissants, beaucoup plus nombreux que ceux de Mc Corry qui a subi sa loi et s’est révélé un encaisseur hors pair. Plusieurs fois celui-ci s’est retrouvé sur les talons sur des contres très appuyés mais son exceptionnelle résistance lui a évité une défaite plus mortifiante. Eprouvé physiquement, étouffé malmené, Mc Corry a terminé difficilement. Au 11ème round, son arcade gauche a éclaté et ce n’est qu’au coup de gong final que son calvaire a pris fin !

Un dénouement très apprécié par le public genevois à l’issue d’un affrontement musclé qui a confirmé le niveau de Patrick Kinigamazi désormais, lequel a signé à cette occasion sa 30ème victoire en 32 combats internationaux et s’est hissé au 38ème rang mondial. Un palmarès qui comble le champion de Suisse et champion d’Afrique et devrait lui ouvrir les portes d’une échéance plus importante encore du côté de l’une des quatre fédérations mondiales majeures (WBO, IBF, WBC, WBA). Mais reste à trouver le promoteur providentiel pour concrétiser ce rêve (inachevé ?).

Les quatre autres combats professionnels ont également fourni leur lot d’émotions, notamment celui qui a opposé Cédric Kassongo au jeune et talentueux Bulgare Ilian Markov (21 ans). Un combat qui a d’abord mis en évidence les qualités techniques et les frappes du Genevois. Dès que celui-ci a cessé de travailler en directs, au 3ème round, Markov est revenu dans le match et a durci son action. Il a alors multiplié les assauts, obligeant Kassongo à serrer les dents. Le combat s’est équilibré et Cédric a encore touché durement à plusieurs reprises. La fin de l’affrontement a été épique et le Genevois a pu préserver de justesse sa victoire.

Pour son retour sur le ring à Genève, Yoann Kongolo s’est montré plus expéditif (k.o. 3ème). Il n’empêche que rien n’a été facile pour le frappeur lausannois, d’abord emprunté face à l’allonge, au coup d’œil exceptionnel, aux esquivesl et à la  frappe sèche de l’excellent Serbe Miloslav Savic (24 ans/7-4-0). Celui-ci a révélé sa belle technique et a placé des coups précis. Kongolo, qui évoluait pour la première fois en super-moyens (76,000 kg), a eu du mal à trouver la bonne distance avant d’imposer un matraquage en règle au début de la troisième reprise. A peine destabilisé par plusieurs uppercuts du droit, il a touché durement aux flancs. Savic a été compté une première fois, puis démoli par une série de crochets très appuyés, dont l’un au foie qui l’a laissé k.o. Un succès probant, le 12ème en treize combats pour Yoann Kongolo (31 ans) qui sera à l’affiche du meeting du 26 décembre à Berne face à l’Italien Marco Miano (7-11-0).

Enfin, malgré un handicap de 21,2 kilos (111,8 contre 133,0 kg), le poids lourd Mehdi Ben Hamira (25 ans) s’est imposé par k.o. au 4ème round face au Slovaque Vladimir Rusnak. Compté une première fois suite à un magistral crochet du droit, le géant des Balkans (1m97) a ensuite été pris de vitesse et débordé par la force de frappe du néo-professionnel lausannois.

Quant à Bruno Bouhii, après quatre saisons sans compétition (il a émigré aux Etats Unis), il a gagné aux points son combat de rentrée face au coriace Bulgare Ivo Krastev. Profondément entaillé au front, celui-ci a réussi l’exploit de tenir jusqu’au bout face au mi-lourd français  (33 ans) qui n’a pu faire valoir toute sa puissance en raison d’une légère blessure à l’épaule droite.

Résultats :

Mi-lourds, 6x3 : Bruno Bouhi (Fra) bat Ivo Krastev (Bul) aux points

Lourds, 6x3 : Mehdi Ben Hamira (Lausanne) bat Vladimir Rusnak (Svk) ko 4ème

Welters, 6x3 : Cédric Kassongo (Genève) bat Ilian Markov (Bul) aux points

Super-moyens, 6x3 : Yoann Kongolo (Lausanne) bat Miloslav Savic (Srb) ko 3ème

Super-plume, 12x3, championnat du monde WBF :

Patrick Kinigamazi (Genève) bat Jordan Mc Corry (Gb) aux points (118-110, 116-114, 117-111)