Deux grands défis pour Kinigamazi et Hakobyan

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14.11.2020 12:08 Uhr
Bertrand Duboux

Sous la menace du Covid-19…

Malgré les restrictions liées au Covid-19, deux défis importants attendent deux licenciés de Swiss Boxing en cette fin d’année: championnat du monde IBO des super-plume pour le Genevois Patrick Kinigamazi le 27 novembre à Fondi (Italie), et championnat d’Europe EBU des super-welters, le 19 décembre à Torrelavega (Espagne), pour l’Argovien Andranik Hakobyan. Deux rendez-vous importants, comme la boxe suisse n’en a plus connu depuis longtemps, et qui la replacent momentanément sous les feux de l’actualité. A condition que les mesures sanitaires ne viennent pas tout annuler au dernier moment !

Pour Kinigamazi (37 ans), dont la dernière défaite remonte à décembre 2012, il s’agit de l’un de ses derniers grands combats, contre le champion d’Italie invaincu Michael Magnesi (25 ans, 17-0-0). Une occasion inespérée, mais dans un contexte totalement défavorable à cause de la crise actuelle, avec un arbitre suédois et trois juges italiens autour du ring ! De quoi déstabiliser n’importe quel challenger, mais pas Patrick, qui en a vu d’autres en quinze ans de compétition et qui n’a peur que d’un seul adversaire, le Covid-19 ! lequel l’a contraint à dix jours d’isolement et a perturbé sa préparation, après un report de trois semaines.

C’est également un adversaire invaincu en 32 combats, le champion d’Europe en personne, Sergio Garcia (28 ans), que va rencontrer Hakobyan (14-1-2). Investi du titre EBU en 2018 après un succès aux points sur le Français Maxime Beausire (il l’a défendu à trois reprises), l’Espagnol  n’est pas un puncheur (13 KO seulement), mais son palmarès parle nettement en sa faveur, avec encore un avantage d’allonge (1m82). Ses ambitions se situant désormais au niveau mondial, il a opté pour une défense volontaire de son titre européen. Un rendez-vous risqué pour Hakobyan (31 ans), mais aussi une belle occasion à saisir qui peut booster la carrière de l’Arménien de Baden, à condition toutefois de ne pas rater la marche.

Avec quelque quarante professionnels en activité, tout porte à croire que la boxe suisse traverse une nouvelle période euphorique. Mais, bien que certains résultats soient prometteurs, ils ne sont pas au niveau des espérances pour beaucoup. Les suspensions pour dopage du Fribourgeois Tavarès et du Lausannois Kongolo, deux de nos meilleurs représentants, jettent même une ombre au tableau.

Cela n’occulte pas les très belles performances réussies sur le plan international par les Silva, Huber, Franscella, Vukshinaj, Gjergjay, Meuli (champion WBF des welters), Faraci (champion d’Italie des mi-lourds), Hiseni (champion WBC youth, invaincu, à 24 ans), Ornella Domini (championne d’Europe) et Viviane Obenauf. La palme revient toutefois à Kinigamazi (32-2-0), qui n’a jamais choisi la facilité pour hisser sa carrière au niveau mondial (quintuple champion WBF) et qui, après bientôt deux décennies de compétition, joue un peu son avenir à quitte ou double.


Martelli dernier champion d’Europe

Après l’inoubliable Fritz Chervet, dans les années 1970, le lausannois Mauro Martelli (welter) est le professionnel le plus titré de Swiss Boxing, le dernier à avoir été sacré champion d’Europe, et cela à cinq reprises entre 1987 et 1988. Le 4 juin de cette année-là, à Cagliari (Sardaigne), il a livré le meilleur combat de sa carrière, le plus dur aussi, pour venir à bout en 12 rounds du redoutable puncheur italien Efisio Galici, invaincu en 27 combats, dont 21 gagnés avant la limite ! Par la suite, Mauro a volontairement abandonné sa couronne pour reporter ses ambitions au niveau mondial, hélas à deux reprises sans succès.

Depuis trente-deux ans, seul Yves Studer, en 2006, a conquis un titre européen, mais pour ce qui le concerne, il ne s’agit que d’un morceau de la ceinture EBU, celui réservé aux pays hors de l’Union européenne. Cela n’enlève rien aux mérites du poids moyens fribourgeois qui l’a défendu victorieusement  à trois reprises, avant de se retirer invaincu en 29 combats, en décembre 2011.

Entretemps, d’autres professionnels de Swiss Boxing ont tenté leur chance au niveau européen ou mondial, mais tous ont échoué : les Bernois Walter Blaser (super-léger), en 1975 à Zurich, face à l’Espagnol Gomez Fouz (points) et Max Hebeisen (welter), la même année à Londres, face à l’Anglais Stracey (KOT 6ème) ; le Morgien François Fiol (mi-lourd), en 1977 à Morges, face au Yougoslave Parlov (points), et en 1978 à Genève face à l’Italien Traversaro (ab. 6ème) ; l’Argovien Sepp Iten (plume), en 1982 à Zurich, face à l’Anglais Cowdell (KOT 12ème) ; le Vaudois Michel Giroud (welter), en 1984 à Catanzaro, face à l’Italien  Oliva (ab. 8ème) ; le Bernois Enrico Scacchia (super-welter), en 1985 à Genève, face au Franco-Marocain Skouma (KOs 6ème), et en 1987 à Berne (mi-lourd) face au Hollandais Blanchard (ab. 9ème) ; le Valaisan Bernard Bonzon (super-moyen) en 1994, à Berck, face au Français Sellier (kOT 9ème) ; le Thurgovien Stefan Anghern (lourd-léger) à deux reprises en 1996-97, à Hanovre et Zurich, face à l’Allemand Rocchigiani (points) ; l’Yverdonnois James Fenu (super-plume) en 2001, à Telde (Canaries), face au Russe Sinitsin (kOT 7ème) ; le Tessinois  Roberto Belge (welter) en 2010, à Bolton, face à l’Anglais Hatton (KO 3ème), ainsi que l’Arménien de Carouge Hamlet Petrosysan (welter) en décembre 2010, à Prague, face au Tchèque Konecny, et l’Algérien de Fribourg Mohamed Belkacem (mi-lourd) en 2014, à Berlin, face au Russe Mikhalkin (arrêt 8ème).

 

 

 

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